RPG L'Académie Solaria | Chap. 1 : Le bouclier contre l'apocalypse
 

Une arrivée mouvementée.

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On apercevait enfin l’académie de Solaria au loin, surplombant avec majesté l’océan. La femme assise à côté du pilote du bateau observa le bâtiment de long en large avec une certaine joie. Enfin arrivée. Je n’en peux plus d’avoir le cul collé à ce siège. Visiblement le conducteur ressentait un sentiment complice, probablement à cause du voyage. Sans aucun doute le plus inconfortable et gênant de sa vie. Il jetait régulièrement des regards emplis de reproches à l’autre personne présente sur l’engin, qui visiblement ne prenait jamais la peine de regarder l’homme et préférait garder les yeux fixés sur leurs destinations. Sur un périple d’aux moins plusieurs bonnes heures, à aucun moment cette étrange femme n’avait daigné répondre à ces tentatives de conversation. Elle semblait se contenter d’émettre un étrange bruit de lassitude dans ce genre de moment. Résultat, le pilote du minuscule bateau à moteur ignorait absolument tout de celle qu’il accompagnait à l’académie : il n’était même pas parvenu à lui faire cracher son prénom.

L’appareil atteignit enfin la terre ferme, se posant calmement sur le rivage de sable fin. Il ne resta alors plus que le son des vagues, à la fois calme et rassurant. Le pilote n’eut même pas le temps d’annoncer qu’ils avaient atteint l’île de Solaris, que la femme fut déjà loin. Sa valise disparue avec elle.  

Cette femme, c’est la nouvelle professeure officielle de Magie Animale de la prestigieuse académie Solaria : Hannah Berg. Toute droite arrivée de Hamburg. En ce moment, sa seule envie fut facilement déductible des cernes (bien plus grosses qu’à l’accoutumé en tout cas) distordant son inquiétant visage : dormir. Manger, boire et découvrir les lieux, tout cela l’important bien peu en cet instant. Et bien que la vue du resplendissant ciel étoilé des Bahamas ait, il faut l’avouer, un certain effet, il était hors de question de ne pas s’endormir dans un vrai lit.

Hannah longea la dite plage avec une foulée rapide, ne laissant que de très fines empreintes de pas qui furent emportées par l’océan. Déplaçant avec difficulté son corps engourdi par la fatigue et les nombreux voyages, portant tant bien que mal une valise assez lourde. En comptant les décalages horaires, il devait être approximativement quatre heures du matin. Pas après pas, elle atteignit finalement l’entrée de l’imposante structure. C’est quoi ces conneries ?... Une espèce d’étrange escalier interminable accueillait la professeure, comme pour la narguer. Elle soupira un long moment en constatant cela. Puis prit la décision de fixer tant que bien que mal son baguage autour de son corps. Enfin, elle referma ses paupières comme si la femme allait s’endormir debout. En un battement de paupière, Hannah Berg se volatilisa, et une énorme bête escalada les marches à une allure folle. Le bruit de ses griffes s’écrasant violemment sur chaque marches résonna dans les alentours. Il ne fallut à l’étrange créature que quelques secondes pour gravir l’ensemble. Arrivé au hall d’entrée, l’animal qu’on pouvait confondre avec un gros félin dans l’obscurité se redressa sur ses deux pattes arrière et enfila l’apparence d’Hannah.

Bien que titubante, elle pénétra le hall et s’écrasa contre un des murs du rez-de-chaussée. Visiblement exténuée, son souffle précipité résonna bruyamment dans les couloirs vides. Qui est l’abruti congénital qui s’est dit qu’un escalier aussi long était une bonne idée ??? Après quelques secondes, elle se repoussa violement du dit mur, et usa de toutes ses forces pour se stabiliser sur ses deux jambes frêles. Elle ne prit même pas la peine d’admirer la magnificence de l’endroit, et se contenta d’avancer droit devant-elle. Bien que pouvant s’écrouler de sommeil à tout instant, elle prit malgré tout le risque de canaliser un sort magique. Ses yeux devinrent émeraude, plus globuleux, plus gros, tandis que sa pupille se dilata pour apparaitre bien plus fine. La professeure voyait désormais à travers des orbites bien plus précises et plus pratiques pour voir de nuit.

En peu de temps, elle trouva un plan de l’académie face auquel elle resta figée. Ses yeux de prédateurs ayant atteint leurs limites. Hannah tentait d’imprimer dans son esprit le chemin menant à sa chambre, relecture après relecture. Une fois chose faite, celle-ci suivit le chemin gravé dans sa tête. Parcourant de nombreux couloirs et d’autres escaliers interminables. L’allemande ne prêtait pas la moindre attention aux riches décors qui l’entouraient. Pas le temps de se distraire, son œil gauche n’arrivait déjà plus à se rouvrir, et l’autre battait de plus en plus lentement. Après tout ce trajet, la professeure atteignit finalement la passerelle en question. Sa main se précipita dans la poche de son jean pour trouver la clé de sa chambre, en ressortit l’objet et l’inséra dans la serrure. Hannah s’enferma dans la chambre, et se laissa s’écraser  sur le lit.

Mais quoi encore, hurla-t-elle à l’instant même où elle sentit un papier collé à son visage. Elle alluma une lampe, et constata la lettre sur son lit. C’est avec la plus grande peine du monde que la femme apprit en ouvrant la lettre que la directrice voulait la voir ce matin sans faute à dix heures pile, dans le jardin suspendu. Et c’est avec une rage incommensurable que Hannah du programmer son réveil pour neuf heures trente. Salope de directrice, même pas foutue de me laisser récupérer…  Mais ses vives émotions ne  troublèrent pas son sommeil pour autant.

*BIP BIP !!! BIP BIP!!!*

Le réveil affichait actuellement neuf heures et cinquante minutes. Le temps que les yeux injectés de sang d’Hannah parvinrent à le lire, une minute de plus avait passé. La seconde d’après, elle était debout, déversait un flot d’insulte et couru hors de la pièce. Par chance, elle gardait des brides de mémoire du plan de Solaria. Hannah entrevue le jardin dans les tours nord. Sans perdre plus de temps, elle traversa en une traite la passerelle et bondit dans les escaliers. Après moult détour et retour sur ses pas, la professeure atteignit le fameux jardin avec environ cinq minutes de retard. De la sueur luisant sur le front, et encore vêtue des vêtements sales d’hier. En face d’elle se dressait la fameuse directrice : Van Der Snasch.
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Sam 19 Nov - 22:58
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J-4. Il restait maintenant moins d’une semaine pour terminer les derniers préparatifs et accueillir les étudiants du monde entier.

La directrice appréhendait ce jour, mais n’en avait jusqu’à maintenant rien montrer. Depuis maintenant son arrivée, il y a deux mois de cela, tout se passait relativement bien, il n’y avait aucun raison de s’inquiéter pour l’ouverture de l’académie. Marie ne laissait ainsi rien transparaître de son appréhension et guidait les opérations en prenant peu à peu ses marques. Elle avait commencé par prendre le temps de faire connaissances avec le personnel et encore aujourd’hui, cela prévalait.

Les couloirs étaient déserts. Même si le personnel était en partie déjà arrivé, l’établissement était si grand que chacun se retrouvait isolé.

La directrice sortit de l’aile sud pour se retrouver sur la passerelle, l’air salin lui fouetta le visage et elle pressa le pas pour ne pas s’y attarder. En direction du jardin suspendu, Marie se rendait à son premier rendez-vous de la journée avec l’un des professeurs. Elle tenait à les rencontrer chacun personnellement. Ne serait ce qu’une petite poignée de minutes, afin de pouvoir entrevoir à qui elle avait affaire avant que l’académie ouvre et que les missions commencent.  

Pile à l’heure, elle se présenta à l’entrée du jardin quelque peu essoufflée. Cet endroit était vraiment gigantesque, il lui faudrait du temps avant de s’y habituer.

Croyant retrouver l’un des derniers professeurs arrivés, la directrice fut plutôt contrariée de n’y trouver personne. Pour patienter, elle essaya de se souvenir du dossier de ce professeur, mis à part le fait qu’il devait enseigner la magie animale, Marie eut un trou de mémoire. Elle n’arrivait pas à se souvenir des informations qu’elles avaient survolé plus tôt dans la matinée. Seul le souvenir de la photo resurgit, au moins c’était toujours ça. En feuilletant son dossier, il y a plusieurs jours de cela, elle s’était surtout arrêtée sur ses yeux couleur lila.

La directrice se souvenait toujours de chaque regard croisé, mais celui-ci l’avait particulièrement interpellé. Elle n’en avait jamais vu de semblable.

Marie avança légèrement dans le jardin, mais resta proche de l’entrée. Debout, le dos droit et remontant ses lunettes pour s’assurer de ne pas être gênée par son don. La directrice commença à tourner en rond, chaque minute passée à attendre la faisait douter sur les compétences de cette professeur. Fort heureusement, ce moment ne s'éternisa pas suffisamment pour qu’elle décide de s’en aller. Cela aurait été une première. Cinq petites minutes s’étaient à peine écoulées quand la directrice aperçut celle qu’elle attendait.

Visiblement, elle avait couru pour arriver jusqu’ici.

C’est avec un silence qu’elle l’accueillit, comme pour permettre à son invité de reprendre son souffle, mais surtout pour la détailler. Quoi qu’un rapide coup d’oeil suffit à la directrice pour comprendre qu’elle avait face à elle quelqu’un qui venait à peine de se lever. Quand au fait d’avoir pris une douche, en s’avançant vers elle pour lui tendre la main et la saluer, Marie put clairement sentir l’horreur âcre qui se dégageait du professeur. Sans conteste, elle portait les vêtements avec lesquels elle était arrivée.

Être arrivée ainsi en retard ne plaça pas le professeur tout de suite dans l’estime de la directrice. À travers ces rencontres, Marie tentait d’ajuster son lien d’autorité sur le personnel et clairement face à cette professeur, elle ressentit ce qu’elle avait redouté à chacune de ces entrevues. Celle-ci serait un élément perturbateur, elle n’avait pas besoin de plonger son regard dans le sien pour comprendre que mademoiselle Berg (tient ! elle se souvenait de son nom juste à temps) ne serait pas facile à diriger.

Mais peut-être n’était-ce qu’une mauvaise première impression. La jeune femme venait tout juste de franchir un océan pour rejoindre l’académie, Marie ne souhaitait pas lui tenir rigueur d’avoir besoin de temps pour faire au décalage horaire. C’était désolant de se dire qu’elle aurait finalement peut-être un problème avant l’ouverture. Mais la directrice ne le montra pas. Même si elle était dépitée par la situation, c’est avec un sourire qu’elle salua la nouvelle arrivante et lui dit amicalement :
- Soyez la bienvenue mademoiselle Berg. Je me présente, je suis la directrice Van der Snasch. J’espère que vous avez trouvé vos appartements et qu’ils sont à votre convenance.
De simples civilités, comme à chaque début de conversation depuis qu’elle était arrivée ainsi. Parler ainsi de banalités n’avait jamais été le fort de Marie, mais depuis maintenant quelques mois, elle ne cessait de se parfaire dans ce domaine et désormais elle faisait presque illusion. Affichant un visage rayonnant et loin de l’agacement qu’elle ressentait face à ce professeur dont elle attendait les excuses sans pour autant le dire, la directrice ajouta en se tournant légèrement vers l’intérieur du jardin et l’indiquant doucement de la main :
- Voulez-vous bien vous promenez avec moi ? J’espère que vous n’êtes pas gênée par la situation. Je tiens à rencontrer chacun personnellement, après tout nous allons tous faire équipe pour les années à venir.
Ces derniers mots furent emprunt d’une certaine tristesse.

Elle y avait déjà réfléchi à de nombreuses reprises, mais cela lui faisait toujours le même effet. Cette mission dans laquelle l’académie s’était lancée, personne ne pourrait dire combien de temps cela prendrait, un an ou dix. Seul l’avenir nous le dira, mais en attendant, Marie est songeuse et elle compte bien s’assurer d’être entourée des meilleurs pour accomplir sa tâche jusqu’au bout. Il est temps qu’elle jauge cette nouvelle venue, la directrice ne cherche pas spécialement à capter son regard pour lire dans ses pensées.

Elle préfère pour l’instant se fier à son instinct et elle pose la première question, c’est toujours la même, avec le même sourire et les mêmes intonations :
- Je vais être directe et vous posez une question que je pose à tous. Pourquoi avoir accepté ce poste ? Résumez le un mot si vous ne voulez pas vous expliquer, mais soyez honnête.
Elle se tut enfin et attendit sa réponse sans chercher à l’influencer. C’était une véritable interrogation que se posait la directrice à chaque fois d’un nouveau membre rejoignait le personnel. Outre le fait de vouloir connaître la personne, elle désirait également connaître ses motivations, ses faiblesses, tout ce qui fait que chacun est unique. Si elle arrivait à tout savoir sur eux, et qu’eux en retourne ne sache pas même son prénom, elle savait que son ascendance serait sans limite.
Dim 20 Nov - 14:39
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À la vue de cette femme élégante affichant un sourire qui parut presque sincère, la frustration d’Hannah ne se dissipa nullement. Au contraire même, celle-ci s’amplifia de plus belle. Être là, son tout premier jour de travail, dans un état aussi déplorable était une insulte envers toutes les valeurs transmises par sa famille. Heureusement pour la professeure, son attitude n’était pas aussi négligée que son physique actuel. Tandis qu’un sourire difficilement convaincant, bien plus proche du sadisme que de la joie, tentait de se dessiner sur le visage de l’allemande, son interlocutrice prit la parole. Rien de bien intéressant, les mêmes politesses habituelles, toujours aussi lassantes aux oreilles d’Hannah. Juste avant de lui proposer de la suivre dans le jardin, et finalement de lui demander pourquoi elle en était venue à devenir professeur ici. Hannah inspira un bon coup, et sans même réfléchir sur ces paroles, et répondit :

-Et bien, enchantée de vous rencontrez madame la directrice. Et oui, avec plaisir, marcher me fera le plus grand bien.

Hannah s’avança alors dans la direction indiquée par Van der Snasch. Espérant que l’odeur de l’herbe fraiche la mettrait dans de meilleures conditions. La pause qu’elle prit lui permit de reprendre un peu son souffle. Après un très court instant, elle reprit de plus belle en serrant un peu les dents :

-Vous savez, par rapport à mon logement je ne peux pas encore me prononcé… Il faut dire qu’il y a visiblement eux quelques fâcheuses…

Brusquement, plus aucun son ne parvint à s’échapper de sa bouche. Hannah sembla s’affaisser sur elle-même l’espace d’un rapide, mais troublant instant. Elle contempla le sol du jardin, et releva lentement la tête vers la directrice. Derrière ces lunettes rouges, celle-ci pu percevoir que les traits de la femme avaient radicalement changés. Le sourire sournois s’était changé en une étrange moue, le regard embrasé lui était devenu terne et vide. C’est comme si une autre personne habitait ce corps. Elle jeta un bref regard gêné à sa patronne et détourna immédiatement la tête après, de toute évidence mal à l’aise. Afin d’éviter toutes questions intempestives sur le sujet, elle s’empressa de s’expliquer :

-Vraiment, vraiment désolé madame Van der Snasch. Déjà mon retard, et maintenant ça… Pardonnez-moi de gaspiller votre temps… C’est juste que, cela doit être de toute évidence noté sur mon dossier : j’ai disons quelques problèmes psychologique dont je suis parfaitement consciente… Je suis certaine qu’il y est ratifié en gras que ce problème de bipolarité n’est pas dangereux pour mon entourage, et est incurable. Enfin, bon…

Visiblement Hannah avait désormais bien plus de mal à parler, et n’osait regarder son interlocutrice qu’à de brefs moments. Elle reprit une pause pour se calmer. Un tic nerveux semblait d'ailleurs avoir fait son apparition : son ongle raclait lentement l’extrémité de sa mâchoire supérieure. Cela lui permettait d’éviter de paniquer, et ainsi de reprendre peu à peu son calme.

-Désolé aussi de ne pas encore avoir encore répondu à votre question… Que dire ? Je pense qu’une part de moi est désireuse de transmettre son savoir en ce qui concerne le Domptage. L’autre facette de ma personnalité a sans aucun doute des raisons plus égoïstes, mais rien de dangereux ne vous inquiétez pas. À vrai dire, je ne peux pas vraiment vous en dire plus, tout est confus quand je pense à elle…

Hannah fut comme paralysée, elle guettait avec réticence les réactions de l’autre femme. Sans aucun doute, son jugement devenait de plus en plus sévère au fil de la conversation. Les yeux de l’allemande roulaient dans leurs orbites, reflétant toute son appréhension vis-à-vis de la réponse de Van der Snasch. De toute évidence, Hannah aurait largement préférer ne pas avoir à parler de ses problèmes psychologiques dès le premier jour.
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Lun 21 Nov - 0:00
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Van der Snasch fut quelque peu décontenancée par le discours du professeur, comment avait-elle pu oublier une information aussi essentielle. Cela expliquait le pressentiment qu'elle avait eu au sujet de cette rencontre. Cette mademoiselle Berg allait à coup sûr poser des problèmes à l'académie. Si elle avait eu le pouvoir de recruter ceux qu'elle avait voulus, jamais Marie n'aurait engagé de personne à l'esprit instable. Paradoxalement, son soutien auprès des criminels avait été très insistant.

Cependant, ces deux genres d'individus semblaient bien différents pour la directrice, les criminels, il suffisait d'un appel pour les renvoyer dans leur prison. En revanche, les fous, à moins de les faire interner dans un obscur hôpital, ils pouvaient à tous moment revenir pour se venger et cela ne plaisait guère à la directrice qui maintenu pourtant son sourire. Il n'était pas question de montrer sa gêne ou son mécontentement, ces rencontres étaient aussi pour elle un moyen d'apparaître sous son meilleur jour.

Cette fois-ci ne ferait pas exception, il fallait qu'elle tienne les apparences jusqu'au bout. Ce n'était que le début, le départ d'un nouveau pan de l'histoire. Ce professeur ne saurait à lui seul causer la destruction de l'Académie, alors il n'y avait rien à faire pour le moment. Appréhender ne servait à rien si ce n'est distraire la directrice des véritables enjeux. Cherchant à inspirer la confiance auprès du personnel, elle se devait de prendre sur elle et elle répondit à la demoiselle :
- Notre Académie est heureuse de vous accueillir, nous souhaitons donner la chance à tous. À chaque fois qu'elle disait ces quelques mots, elle avait l'impression que des lames traversées sa gorge. Vous êtes la bienvenue parmi nous et j'espère que votre classe appréciera à sa juste valeur le savoir que vous avez l'intention de lui transmettre.
Elle poussa même le jeu jusqu'à son maximum et se montra soucieuse auprès du professeur.
- Mais peu importe les élèves et les cours pour l'instant. Vous n'avez pas l'air au meilleur de votre forme. Venez, assaillons-nous sur ce banc.
Elle prit place sur le banc pour l'inviter à la rejoindre. Elle laissa un très bref instant son regard perdu dans les parterres de fleurs qui enivrait les lieux d'une douce odeur. L'endroit était magique, l'académie venait de sortir de terre depuis seulement quelques mois. La directrice avait peine à croire que cet imposant bâtiment n'est pas été ici depuis la création du monde.

Avant de se perdre dans une contemplation solitaire, elle reporter son regard sur le professeur et lui dit doucement :
- Si je vous ai demandé de me rejoindre ici, c'est parce que je ne voulais rien d'officiel, alors ne vous embêtez pas. Vous devez être épuisée après votre voyage. Vous n'avez pas l'habitude d'aussi long voyage ? Vous venez d'Europe, c'est bien cela ?
Marie se maudit intérieurement de n'avoir retenu aucune information à propos de ce dossier. C'était des plus décevant venant de sa part, elle avait pour habitude de ne jamais rien laisser au hasard. Le contrôle était toujours de rigueur avec elle et pour cette rencontre, elle en avait clairement manqué. Son regard plongea d'ailleurs à nouveau dans ces yeux lilas. La directrice aurait tant voulu pouvoir retirer ses lunettes pour en voir réellement la couleur, mais cela aurait été une terrible erreur.

Jusqu'à maintenant la directrice n'avait pas tenté d'user de son sort et elle n'en avait toujours aucune intention, mais à ainsi fixer le professeur, si celle-ci relevait son regard, il y avait fort à parier que Marie intercepte l'une de ses pensées accidentellement. Marie préféra éviter cela, elle n'avait pas besoin de cela, pas tout de suite. Comme depuis tant d'années maintenant, la manipulatrice préférait contenir son don et ne s'en servir qu'en cas de nécessité.
Mer 23 Nov - 23:07
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Le visage toujours aussi blafard, Hannah prit sur elle et accepta de s’assoir à côté de la directrice. De fines gouttes de sueurs perlaient sur son front, signe de son anxiété. Elle tentait de prendre une position sérieuse, mais son corps fétiche et tremblant rendait cela plus désolant qu’autre chose. Hannah s’enfonçait les ongles dans les genoux, tout en se mordant discrètement la langue. Idiote, arrête de nous ridiculiser ainsi que la famille ! Hurlait une petite voix dans son fort intérieure. La douleur commençant à se faire ressentir, elle ressortie ses ongles de sa chair et reposa lentement ses fines mains sur le banc.

Toujours gênée à l’idée de croiser le regard de sa patronne, Hannah se contenta de contempler ses propres pieds. Sans bouger ses yeux inexpressifs, elle lui répondit avec une voie réservée :

-C’est vraiment délicat de votre part de m’accueillir en personne, vous savez. Je vous en suis vraiment reconnaissante. Ces mots furent aussi faux que ceux de son interlocutrice, mais paraissaient tout autant crédibles. Officielle ou non, je me sens profondément irrespectueuse envers vous… Mais oui, je n’ai pas souvent l’occasion de faire d’aussi longs voyages. Surtout qu’en plus, on a eux quelques problèmes de retards avec les compagnies d’avions…

Le côté de sa bouche que la directrice ne pouvait actuellement pas observer se tordit à ces mots. Sûrement une réaction de l’autre Hannah en repensant à la situation dans laquelle ces stupides retards l’avaient fichue. Y’a pas à dire, les grandes compagnies se torchent avec les problèmes personnels des gens qui les payent. En règle générale, Hannah ne rate jamais une occasion de critiquer le système économique, qui lui inspirer un profond sentiment de dégout. Perdant de vue un court instant le fil de la discussion, elle se rattrapa du mieux qu’elle put :  

-Enfin oui, je viens d’Allemagne de l’ouest. À part ma patrie et la Tanzanie, on ne peut pas dire que j’ai beaucoup vu de notre planète.

Hannah faillit se sentir désolé envers Van der Snasch de rendre la conversation aussi molle, mais se mettre dans une position autre que la sienne n’a jamais été son fort. Autant la professeure ne craignait pas réellement d’être face à une classe, car elle l’avait déjà fait auparavant, cela lu donnait même plus l’impression d’être de nouveau une chef de meute. Autant elle avait appréhendée (à juste titre) la rencontre avec les autres membres du personnel. C’est dingue cette manie qu’ont les humains à toujours tout compliquer. L’éthique, la politesse, l’étiquette et tout le reste. Voilà bien ce qui lui faisait sans cesse idéaliser le monde animal : les relations étaient plus simples.

Après un instant de silence qu’on pourrait qualifié de gênant, sauf pour Hannah qui fut ravie. Elle se força malgré tout à « essayer » d’entretenir cette conversation inutile.

-Et vous alors, d’où venez-vous ? Si ma question n’est pas trop indiscrète. Je ne sais pas grand-chose sur vous, ni sur le poste de directrice de Solaria pour être honnête… Mon frère, un des examinateurs, m’a fait pas mal de grands discours sur le rôle de l’académie dans notre contexte mondiale actuel, et sur la personne qui la dirige… Mais j’avoue que j’ai tendance à m’endormir quand il m’adresse la parole.

Mon dieu, quel ennui de devoir faire la discussion. Bien qu’elle ne laissait pas sa fatigue transparaitre, on ne peut pas dire que son timbre de voix monotone et son regard toujours fixé sur sa vieille paire de chaussures n’éveillaient pas des soupçons. En toute honnêteté, pour quelqu’un qui n’a jamais côtoyé de près Hannah, il est impossible de différencier lassitude et amusement quand la dompteuse est dans cet état.
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Ven 25 Nov - 17:45
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La directrice se laissa presque bernée. Mademoiselle Berg à cet instant précis lui parut si fragile, si timide et naïve. Pourtant ce sentiment qui était apparu en lisant son dossier puis en la voyant pour la toute première fois, ne s'était pas atténué. Elle était un élément perturbateur, mais au final, elle ne devait pas l'être de la manière dont se l'était imaginé Marie. Alors qu'elle s'attendait à devoir montrer dès le début qui était en charge dans cet endroit, elle ne montra que de la sympathie.

Finalement, le professeur n'avait peut-être rien de la rebelle violente qu'elle s'était imaginé, elle semblait bien plus représenté un fardeau qu'un danger. Marie dut se forcer pour ne pas assombrir son regard. Décidément, peu lui importait les problèmes que causeraient Hannah, le simple fait qu'elle ait cette sensation lui fit comprendre qu'elle accorderait une attention toute particulière à ce professeur. Il en était ainsi pour toutes personnes ayant révélé un trouble psychique, la méfiance de la directrice à leur égard n'a pas d'égal.

Cependant, elle préfère ne rien montrer. Et elle se contente de répondre poliment :
- Vous êtes maintenant arrivée dans votre nouveau foyer et vous aurez quelques jours pour vous reposer avant que l'académie n'ouvre officiellement.  
Puis, un silence s'installa. Au fil des secondes, la gêne de Marie se fit légèrement présente. Tapant ses doigts contre son genoux une, deux, trois fois. La manipulatrice n'avait jamais vraiment supporté le silence. Il lui semblait toujours si oppressant et emprunt de solitude. Malgré cela, elle se ressaisit et reposa sa main sur son genoux, arrêtant de montrer le moindre tic. Van der Snasch allait s'apprêter à congédier le professeur, elle en avait suffisamment vu pour aujourd'hui et avait clairement besoin de revoir son dossier. Mais celle-ci rompit le silence la première.

Cela eut pour effet de déstabiliser une fois de plus la directrice. Une lueur glacial parcourut son regard, elle n'avait jamais aimé les questions personnelles lorsqu'elles lui étaient adressées et les paroles d'Hannah sur son frère ne fit qu'agacer encore plus Marie pour avoir aussi oublié ce détail. Elle fit de son mieux pour ne pas le montrer et se retient de souffler d'exaspération, mais de là à afficher une fois de plus un sourire, il ne faut pas trop lui demander ! Elle répond légèrement plus froidement qu'avant, mais toujours aussi poliment :
- Je suis originaire d'Europe.
Elle marqua une pause comme pour montrer qu'elle ne dirait pas un mot de plus à son sujet.
- Je n'avais pas remarqué que vous aviez un frère qui faisait déjà partie de notre équipe administrative, ce n'est pas très fréquent d'avoir plusieurs prodiges dans une famille. Quant à ma fonction, vous remarquerez très vite que je m'occupe de la gestion de cette académie. Toutes les décisions importantes passent par moi et lorsqu'il y a un problème, c'est à moi de coordonner nos équipes pour qu'elle le résolve.
Marie tira sur sa jupe droite lui arrivant à mi-mollet pour la remettre en place et elle continua avec un certain enthousiasme  :
- Mais voyez-vous, mon travail n'est rien sans la présence d'une équipe soudée et prête à m'écouter. C'est pour cela que j'organise ainsi ses rencontres. Nous devons tous nous considérer comme une famille et nous faire confiance. Ses derniers mots furent dit avec bien plus de gravité. C'est sur notre action que repose l'espoir du monde. Nous n'avons pas droit à l'erreur et devons dès le commencement nous montrer digne de la mission qu'on nous a donné.
Cette fois-ci, Marie regarda droit dans les yeux de son interlocutrice, la conversation n'était plus tournée vers des banalités et en ces circonstances, la directrice ne pouvait pas simplement regarder le jardin. Quand elle parlait sérieusement, avec l'envie ou non de découvrir les secrets de l'esprit, elle s'adressait toujours à la personne en essayant de capter son regard.
Dim 27 Nov - 18:54
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Malgré l’envie alarmante de commettre la pire des folies pour mettre à fin à cette conversation inutile, un rictus sinistre se dessina malgré elle sur ses lèvres à l’entente de la réponse. Hannah avait très bien comprit le message de Van der Snasch dans ces quelques mots : « Je suis originaire d’Europe », et visiblement cela l’amusait plus qu’autre chose. Elle avait le culot de l’emmerder avec ses banalités, mais dès que c’est pour parler d’elle-même là, on ne dit plus rien. Non pas que ça dérange Hannah, le dialogue n’en serait que moins long ! Elle se hâta de dissimuler ce vilain rictus sous son visage redevenu inexpressif.

Tandis que la directrice continuait son petit monologue rébarbatif, Hannah bougeait avec discrétion son postérieure pour trouver une position plus confortable. Son anxiété l’empêchait de rester immobile, comme si son corps bougeait indépendamment de sa volonté. Bien sûr, elle faisait de son mieux pour suivre le fil de cette fichue conversation, histoire de ne pas se ridiculiser d’avantage. Elle perçue le changement de ton de son interlocutrice, mais n’en comprenait pas vraiment la raison, cela sonnait aussi agaçant que le reste de ces paroles. Elle croisa brièvement le regard caché derrière ces immondes lunettes, l’espace d’un bref instant, avant de détourner à nouveau les yeux. Pour être honnête, Hannah se souciait autant de la fin du monde que de ce qu’elle pourrait bien manger ce midi. Selon son jugement, toute cette histoire n’était pas un problème, si la nature l’a décidé c’est ce qui doit arriver point, pas besoin de chercher plus loin. Elle n’a pas de problèmes à l’idée d’aider l’académie dans son but, car de toute façon le résultat sera le même. Sur ce, elle se releva et répondit, encore et toujours sur ce même ton vide :

-C’est sûr… Nous devons nous montrer dignes.

Après cette courte réponse, Hannah scruta fébrilement les environs, avant de retourner vers la directrice :

-Si c’est tout ce que vous vouliez ?... J’ai était enchantée d’avoir ce petit accueil de votre part, mais je crains de gaspiller votre précieux temps. Si vous me le permettez, je souhaiterais retourner à mes quartiers, j’ai… Quelques problèmes dont il faut absolument que je m’occupe avant le début des cours. C’est pour mes cours.

Outre les mensonges pour simplement pouvoir retourner dormir, un fond de vérité parsemé ses propos. En effet, elle avait une affaire urgente sur les bras, Hannah s’était mise en tête d’importer de façon plus ou moins « légale », ses amies charognards. La plupart des préparatifs avait déjà été prêts, mais certaines choses, notamment l’endroit où les bêtes pourraient bien se réfugier, restaient floues pour la dompteuse. Mais pour l’instant, la priorité est de retourner dormir !

N’attendant pas réellement la réponse de son interlocutrice, elle tentait déjà de se défiler, reculant le plus lentement possible. Prête à partir au quart de tour à la seconde même où Van der Snasch lui dira au revoir. Pitié, qu’elle ne se lance pas de nouveau dans un dialogue fastidieux, suppliait l’esprit d’Hannah. Son envie de se ronger les ongles la reprenant subitement, tandis que son regard vacillait un peu partout comme si elle n’avait aucun élément sur lequel focaliser son attention. Plus la conversation s’éterniserait, moins elle se sentirait capable de contrôler ses tics nerveux.
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Mer 30 Nov - 23:05
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Une arrivée mouvementée


le 3 Samboor 2446
Marie trouva que la professeur lui envoyait des signaux contradictoires à ce qu'elle disait. Alors qu'elle posait des questions sur l'académie, elle semblait plutôt recevoir la réponse avec une lassitude prononcée. La directrice eut l'impression de ne pas être réellement écoutée et lorsque ses yeux croisèrent les siens, elle put distinctement l'entendre râler. Visiblement, Hannah se révéla être plutôt douée pour dissimuler ses réelles émotions. Alors que la manipulatrice avait cru avec en face d'elle une personne simplement détachée du monde, cette pensée volée lui laissa présager qu'elle pourrait être un réel danger.

Ce n'était pas que de l'ennui qu'elle manifestait, mais un réel agacement et cela ne plût absolument pas à la directrice de considérer un tel élément dans son équipe. Comment pourrait-elle faire confiance à une personne qui semble prendre cette histoire d'apocalypse pour un canular. C'était désespérant d'imaginer un professeur de magie aussi décevant, de la part du personnel silencieux, cela n'étonnait jamais Marie, mais en revanche, à l'égard des bénis elle était intransigeante. Même si elle ne pouvait pas comprendre ce genre de comportement, cela ne l'étonna pas que la professeur abrège cette rencontre.

Marie ne bougea pas, restant le dos droit, assise sur le banc au milieu d'un jardin rempli de couleurs, elle préféra ne rien ajouter. Cela valait mieux ainsi. Affichant un sourire lumineux, mais ne pouvant dissimuler la pointe de colère qui se crispa dans son regard, Marie s'assura d'avoir bien en place ses lunettes et elle lui répondit aimablement :
- Je comprends. Profitez bien de votre temps libre. Une fois les cours commencés, nous n'aurons plus de temps pour nous.
Ce n'est qu'après qu'elle soit partie que la directrice se décida enfin à se lever et commença à explorer le jardin. Il n'était même pas dix heures et demi, le prochain rendez-vous ne commencerait que dans plus d'une dizaine de minutes. Chaque matinée suivait le même rythme, elle enchaînait trois rencontres avec le personnel. L'académie allait bientôt ouvrir aux étudiants, il fallait qu'elle termine de rencontrer tout le monde au plus vite. En attendant, Marie gravit lentement l'escalier du jardin pour se retrouver à son sommet. Ici, la végétation était moins dense et laissait apparaître un panorama fabuleux sur toute l'île et l'océan.

Cette vision aurait pu suffire à la directrice pour lâcher prise un instant, mais à peine eut-elle fait un tour sur elle-même qu'elle reprit la directrice des escaliers pour retourner à l'entrée du jardin et y attendre le prochain membre du personnel. Contrairement à Hannah Berg, cette fois-ci, la directrice se souvient du dossier qu'elle avait reçu sur son prochain rendez-vous. Pour autant cela ne voulait pas dire que cet entretien allait mieux se passer. Marie passa près du banc où elle avait convié la professeur sans se retourner et arriva très vite à l'entrée. Prête à poser à nouveau les mêmes questions et discuter de banalités, elle regarda sa montre et tapa nerveusement le cadran.
Dim 4 Déc - 20:12
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